La seconde convention « pommes de terre bio robustes », cette fois-ci belgo-française, qui engage le secteur de 2023 à fin 2026, est une prolongation de la première convention (2019- 2022). L’accent étant mis sur le fait que :
– D’une part, le secteur industriel devrait à terme utiliser plus de variétés robustes pour ses besoins en transformation (frites, chips/croustilles, spécialités et flocons) ;
– D’autre part, la distribution devrait à terme introduire / importer et expédier / exporter de manière croissante des pommes de terre bio, qualifiées de surcroît comme des variétés robustes, en matière d’import/export dans l’UE et hors UE.
Dans les années précédant 2020, la production de pommes de terre bio s’est développée et poursuivie progressivement en Belgique, en particulier en Wallonie. Mais, depuis quelques années, le secteur va beaucoup moins bien, particulièrement en ce qui concerne la commercialisation. Cela fait suite aux crises successives (Covid-19, guerre en Ukraine) s’abattant depuis l’automne 2021, dégradant le pouvoir d’achat et détournant ainsi les acheteurs des produits plus coûteux issus de l’agriculture biologique. C’est dans ce contexte que des producteurs de pommes de terre bio ont décidé de réduire leurs surfaces en 2023 mais aussi en 2024.
Suite aux fortes pression mildiou tout au long de la saison de croissance 2024, les productions de pommes de terre bio sont largement plus basses aux Pays-Bas (-30 à 40 %) où le cuivre est interdit comme fongicide depuis 2000, et moindres également en Allemagne et en France. Le résultat c’est que le marché est plutôt en déséquilibre avec une demande plus forte que l’offre. Il n’y a pas encore d’indications claires sur comment les surfaces évolueront en 2025, mais elles pourraient se stabiliser voir augmenter un peu.
Ces dernières années (avant le ralentissement en 2021 – 2022), le négoce et l’industrie ont développé leur gamme bio, souvent en proposant des variétés qu’ils connaissaient déjà ou qui étaient proposées par des maisons de plants. Il s’agissait de variétés adaptées à la transformation mais avec des niveaux variables à faible de tolérance au mildiou. Un exemple typique de variété non robuste largement utilisée en bio est Agria, qui est « la » variété frite en bio en Belgique depuis plus de 15 ans. En 2021, des variétés robustes cultivées en conventionnel sont apparues, tant chez certains négociants – préparateurs que chez des industriels de la frite ou de la chips / croustilles.
N’oublions pas qu’en années à fortes attaques de mildiou (2012, 2014, 2016, 2021, 2023 et 2024), les producteurs utilisant encore des variétés non robustes ont parfois vécu des drames se traduisant par la destruction forcée et prématurée de cultures conduisant à des productions peu quantitatives (rendements très faibles, calibres insuffisants) et qualitatives (tubercules mildiousés, faible taux de M.S., calibre insuffisant) ou par la récolte à maturité de tubercules dont la conservation reste problématique du fait de la contamination probable des tubercules par Phytophthora infestans. La pression fut suffisamment forte fin août 2023 et tout au long de l’été 2024, pour que quelques variétés robustes craquent et soient même parfois détruites par le mildiou à l’instar d’Agria par exemple.
Pour rappel, la convention – qui engage ses signataires – prévoit notamment que chaque année, les variétés prometteuses soient testées et suivies dans différentes zones de production du pays. Les résultats de ces essais doivent être diffusés et pris en compte par les signataires.
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